Revues de presse

#4 Revue de presse (enfin!)

Et la semaine dernière, il s’est passé quoi ? En mode « colère ». Désolé.

En vrac

Être ouvrier tue. Au sens propre chez ArcelorMittal, suite à une explosion à Gand ; au sens propre à la SNCB quand un wagon fou percute des cheminots. Morts nettes, rails sales, j’ai la nausée. Entre-temps, atteinte au droit de grève avec l’instauration du service minimum sur le rail et une nouvelle augmentation de prix pour un service qui n’en finit plus de se dégrader (foi de navetteur). Les données de 57 millions d’usagers d’Uber ont été volées, l’entreprise qui va acheter des « dizaines de milliers » de voitures autonomes à Volvo, histoire de se passer de ses encombrants chauffeurs (pourtant surexploités). Encore des ouvriers en trop. Tués aussi, d’une façon…plus propre. Vive le Black Friday pour enfin consommer tout ce que notre monde surproduit, un « black Friday » vraiment noir en Égypte. Encore des morts nettes. 235 morts nettes. 235 ! Putain. Avec des armes vendues par qui ? Par notre balance commerciale positive ?

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Maine Central Railroad wreck. High tread.

Edouard Philippe veut baisser les cotisations sociales des entreprises (une vraie politique de gauche est « en marche », niark !) ; les riches fument de moins en moins, les pauvres de plus en plus – quels abrutis ces pauvres ! ; l’ex-Directeur du FMI, Rato, sera jugé pour escroquerie en Espagne (des ennuis avec la justice, un « must » pour le FMI, n’est-ce pas DSK ?) ; instrumentalisation des services secrets par De Decker dans le scandale financier du Kazakhgate qui touche maintenant Airbus ; les coursiers de Deliveroo vont faire grève pour protester contre la fin du statut d’employé ; Altice dégringole en Bourse, géant aux pieds d’argile.

Toujours en vrac, on se rappelle que les Rohingyas vivent sur un territoire…riche en pétrole. Je dis ça, je dis rien ; le glyphosate a été prolongé par l’UE pour cinq ans. Zavez bien lu : à la suite des scandales à répétition, le glyphosate est malgré tout PROLONGÉ. Alors, Mélanie Laurent et les autres thuriféraires d’un « Demain » si merveilleux, zêtes où ?! ; L’UE qui a cumulé les coups tordus ces derniers jours avec le recalcul de l’impôt des sociétés : la gauche parle de 200 milliards de pertes. Peanuts, quoi. Le peuple n’a pas besoin de ce fric, anyway ; Macron en Afrique affirme qu’il n’y a pas de « politique française en Afrique ». Non, t’as raison Manu. Pas de politique, juste du vol. Du viol. Du sang. Parfois délégué à Bolloré, mais on ne va pas s’encombrer de détails, hein ! ; Le japonais Toray touché par un scandale sur la falsification de données, après Mitsubishi et Kobe steel – un scandale passé inaperçu dont j’avais eu l’occasion de parler.

Securitas va protéger…l’armée. Quand le recours au privé devient carrément croquignolesque. Ça se passe à la caserne d’Heverlee ; Ryanair compte « sanctionner » les équipages qui ne vendent pas assez de leurs foutus billets de loterie foireux, leurs parfums et autres saloperies ; Apple reconnait enfin des conditions de travail déplorables chez Foxconn. À leur décharge, ça ne fait que cinq foutues années qu’on en parle dans les médias mainstream ; Standard and Poor’s déclare le Venezuela en défaut partiel sur sa dette. Ça vous dit quelque chose, ces agences noyées jusqu’au cou dans des scandales de conflits d’intérêts et qui voyaient en Lehman Brothers une entreprise tellement solide avant qu’elle se casse la gueule et provoque la crise de 2008 ?

Fusion/acquisition/concurrence/etc.

  • Lafarge (Albert Frère) a financé l’État islamique en Syrie pour conserver ses positions sur le terrain. Business is business, bro !
  • Un petit bijou d’article des Échos sur les fusions et les prises de capital dans le milieu de la construction en France. Sont concernés : le holding HLD, la famille Dentressangle, Kiloutou, la famille Mulliez, etc. L’article est incompréhensible mais donne un bel aperçu des « mouvements » qui permettent à seulement quelques acteurs de grossir aux dépens des autres.
  • Le chinois Alibaba dépense 2,5 milliards d’€ pour monter au capital de Sun Art (Auchan).
  • Un fonds d’investissement US veut acquérir 40% de Belron (Carglass qui appartient à D’Ieteren et dont on sait depuis la revue de presse #2 qu’ils ont aussi acquis Maisoning, dans la construction).
  • Natixis, encore une banque d’investissement, annonce qu’elle va consacrer 1 milliard d’€ à des acquisitions d’ici 2020. À chaque info de ce style, demandez-vous : qui sont les perdants ?
  • Dans la foulée du rachat d’Alpro par Danone, changement de direction en faveur de Sven Lamote. À quand les licenciements collectifs chez Danone ?
  • Il existe une alternative au super nocif glyphosate de Monsanto. Bonne nouvelle ? Ouais. Sauf que l’ANSES, l’organisme de certification de ces produits, refuse toujours l’autorisation de mise sur le marché. Eh quoi, faudrait pas fâcher les copains quand même !
  • L’UE se dote de nouvelles règles anti-dumping. Enfin, contre le dumping qui lui est défavorable, pas l’autre ! Qui est visé ? La Chine bien sûr… Il s’agit ici de lutter contre la concurrence, rien de plus.
  • La fusion ATT/Time Warner est bloquée aux USA. Unbelievable. Enfin, on va suivre ça de près, c’est rare que…ça ne se débloque pas !
  • Solvay s’apprête à vendre son usine de Charleston. Alors on danse…avec les ouvriers « transférés ».
  • Une filiale de HSBC débourse 300 millions d’€ pour éviter un procès. Justice à portefeuilles…
  • Cobelfret prend une participation chez Euronav. Pas besoin d’être sur terre pour faire de la concentration. Ça « marche » sur mer aussi.
  • Qualcomm rejette l’offre de rachat de Broadcom. Thug life chez les gros bras : « Nan, c’est moi le plus gros, c’est moi qui vais te racheter ! » La seule chose dont on soit sûr, c’est que l’un finira par racheter l’autre.

Licenciements collectifs/recrutement/etc.

  • En Belgique, IBA a licencié 20 personnes. Les mêmes qui annonçaient d’incroyables perspectives de croissance l’an passé.
  • « Restructuration » (je ne m’y fais pas à ce terme à la c**) à Philips Lightning à Turnhout, 78 emplois perdus.
  • Siemens se prépare à des milliers de suppressions d’emploi – sur fond de bénéfices record (en hausse de 11% avec 6,2 milliards d’€ de bénéfices et 83 milliards d’€ de chiffre d’affaires !)
  • Les galeries Lafayette vont céder sous forme de franchise 22 magasins. On parie que ça ne se traduira pas en bonnes nouvelles pour l’emploi ?

À la semaine prochaine pour de vraies bonnes nouvelles?! Hum.

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Analyses

Émeutes à Bruxelles : vite, plus de répression !

Les Paradise Papers ou le financement de Daesh par le groupe Lafarge d’Albert Frère ont vite été relégués au second plan. Pas assez sexy. Pas assez esthétique. LA véritable et seule légitime info de ces derniers jours ? Les émeutes à Bruxelles.

Le discours médiatique a été tout en nuances. Pas la place ici pour en faire l’inventaire exhaustif, je ne retiens qu’une ou deux formules « chocs » : celle du SLFP (syndicat des policiers) déclarant, je cite, que « les jeunes doivent à nouveau avoir peur de la police », celle de notre vice-Premier ministre (notez qu’il y a « vice » dans son titre !) Jambon qui voit dans les émeutes non un incident mais le développement d’un « cancer », volonté politique d’un « plan d’action répressif », appel à la « tolérance zéro », l’affirmation que le temps où « on gâte la jeunesse » est terminé, etc. Ce discours-là a, de plus, été renforcé par un autre discours : celui de Bruxellois partageant – on le suppose- les mêmes origines socio-culturelles (mais pas forcément économiques…) que les fauteurs de trouble et qui ont vivement condamné les émeutes, telle la carte blanche publiée dans Le Soir par Sammy Mahdi, Président des Jeunes CD&V ou la vidéo Facebook de Morad Essebar.

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Émeutes à New-York

Il y a toujours le même schéma. Derrière l’expression : « pas d’excuses », on refuse souvent les explications. Pourquoi ? Parce que ces dernières sont toujours plus nuancées que ce qu’on voudrait et parce que, conséquemment, les réponses ne sont jamais aussi simples qu’un appel à la répression. Disons-le directement : aucune étude n’a été en mesure de prouver que la « tolérance zéro » avait une quelconque incidence sur la diminution de la récidive, comme le rappelait Charlotte Vanneste (ULg). Voilà, c’est dit. On peut passer aux choses sérieuses.

Adolescence et psychologie sociale

Doit-on vraiment rappeler les changements hormonaux chez les adolescents ? Doit-on vraiment oublier si facilement les propres débordements auxquels on s’est livré dans notre adolescence ? Peut-on faire fît, parce que ça nous arrange, des effets de groupe pourtant très bien décrits par les psychologues sociaux depuis les années 50 ? Par exemple, l’expérience de Ash a mis en évidence le conformisme dans un groupe, c’est-à-dire la probabilité que si un abruti fait n’importe quoi, les autres suivront comme des moutons. Mieux, Ash a mis en évidence les facteurs qui renforçaient cette tendance préexistante. On y lit que l’ambiguïté du stimulus a un effet puissant sur les individus qui ne se sentent pas compétents et qui ont alors tendance à suivre le groupe ; la taille, l’unanimité et l’attrait du groupe ainsi que sa cohésion et le besoin d’affiliation renforcent encore le conformisme.

Bien. À partir de ces éléments, serait-on en droit de penser que le contexte sociétal d’exclusion des familles d’origine immigrée est exacerbé par des hormones adolescentes trouvant à s’exprimer dans une cohésion de groupe particulièrement singulière après un match de foot qui voit mettre à l’honneur une population se sentant par ailleurs marginalisée ?

Des émeutes sociales ?

En 2005, lors des révoltes en banlieue parisienne, le politique et les intellectuels à la Finkielkraut s’étaient efforcés d’y voir la marque religieuse[1]. Pure manipulation, il s’agissait d’occulter le caractère social de ces dernières, provoquées par la mort de deux adolescents. Quelques années plus tôt, dans son célèbre titre « Qu’est-ce qu’on attend ? », puis dans « Odeur de soufre », le groupe de rap NTM expliquait sans concession : « Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? Juste d’être un peu plus nombreux. Car y’a beaucoup plus de oufs, que d’odeur de bouffe, dans les quartiers de ceux qui souffrent, y’a comme des odeurs de soufre ». Alors, 2017, c’est la version bruxelloise de 2005 ? Ce serait trop facile. Écoutez Vargasss92, le Youtubeur et « star » de Snapchat suite à la visite duquel la seconde émeute a éclaté ! Pas besoin d’un doctorat pour comprendre que son discours est singulièrement vide. Pire, même…

Le tort serait pourtant de croire que l’absence de discours raisonné signifie l’absence de raison. L’expression de la violence n’ayant plus de contenu, c’est la violence elle-même qui devient le contenu de son expression. La violence pour la violence. D’où une difficulté pour la pensée critique : comme défendre une parole qui n’a rien à dire ?

Je vois là la grande victoire d’un système qui a ôté jusqu’à la faculté de penser sa propre condition. Une aliénation particulièrement puissante qui rend aveugle aux yeux mêmes des révoltés le motif de leur révolte. L’impossibilité de formuler une pensée est précisément le projet du Novlangue tel qu’imaginé par Orwell dans 1984 : « Comparé au nôtre, le vocabulaire novlangue était minuscule. On imaginait constamment de nouveaux moyens de le réduire. Il différait, en vérité, de presque tous les autres en ceci qu’il s’appauvrissait chaque année au lieu de s’enrichir. Chaque réduction était un gain puisque, moins le choix est étendu, moindre est la tentation de réfléchir. » Cette définition décrit à merveille les discours d’un Vargasss92 et, en ce sens, on comprend que ce dernier travaille main dans la main avec un système dont l’incapacité de réfléchir est une victoire puisqu’elle permet le plébiscite d’une répression très utile lorsqu’il s’agit de faire taire…ceux qui pensent encore !

Des facteurs objectifs de la révolte

Pourtant, il y aurait bien des raisons de se révolter. Puisqu’il s’agit ici essentiellement de confrontations avec la Police, faut-il rappeler les accès de violence de cette dernière, répertoriés par Obspol, le laboratoire lié à la Ligue des Droits de l’Homme? En outre, le chômage des jeunes issus de l’immigration demeure irrévocablement haut et, en miroir, les emplois que les autres occupent sont parmi les moins valorisés. La discrimination à l’embauche persiste au point où un ami avait changé son nom sur son mail pour éviter la consonance arabe. Ceci favorise l’établissement d’économies parallèles qui ne font que reproduire à une échelle plus petite la loi de la jungle capitaliste – surtout lorsque le business est celui de la drogue ou des electros volés. La discrimination au logement est généralisée, là encore renforçant des circuits parallèles où des vendeurs de sommeil se sucrent allègrement sur le dos de familles exploitées. La scolarité est éminemment injuste, ces jeunes étant relégués dans de « mauvaises écoles » là où les enfants des classes supérieures fréquentent Saint-Michel. Le contenu des cours est en plus stigmatisant, les profs étant nourris – à leur corps défendant – aux mamelles médiatiques répétant à l’envi les mêmes sornettes sur leur religion ou leur culture.

Bref. Impossible ici de dresser un portrait complet des causes objectives de la révolte, mais ce simple aperçu donne la mesure de ce qu’une pensée articulée pourrait très bien trouver, dans l’action directe, la voie de son expression. Au contraire de cela, les émeutes des jeunes étaient politiquement vides. Donc inutiles. Donc pire qu’inutiles : dommageables à leur potentielle finalité objective.

 Sources

[1] https://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20091009.OBS4100/alain-finkielkraut-en-2005-l-interview-polemique-a-haaretz.html

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Message aux lecteurs

Bienvenue sur le radis!

« L’économie politique à la racine, même si ça pique. »

Bon, ça y est. Il y a tout juste une semaine, je vous demandais une idée pour le nom d’un blog. J’ai dû faire un choix parmi toutes les propositions que vous avez soumises – et j’ai bien ri. Vous allez me dire : « Ouais, enfin, tu n’as pas du tout tenu compte de notre avis ». Et je vous répondrai : « Faux! » Ça m’a permis d’évaluer votre perspective sur mes posts : ancrés dans une pensée de gauche, très critique. J’ai aussi pu mesurer – ou pressentir – les attentes.

Bref, je suis super heureux de vous présenter finalement « le radis ». Une sympathique racine, un peu piquante, qui renvoie à l’idée que je me fais de l’analyse médiatique et du traitement de l’actualité économique et politique : nécessité de pousser la déconstruction des phénomènes jusqu’à leurs structures, leurs « racines », même si ce n’est pas « amusant » – même si « ça pique ».

Pour l’instant, je n’ai eu le temps d’archiver que quelques-uns de mes précédents textes. Je vais mettre tout ça à jour petit à petit.

Parmi les grandes catégories du blog :

Analyses : de courts articles analysant une actualité. C’est un travail strictement journalistique de déconstruction, de vulgarisation.
Pensées en passant : très courts aphorismes en réaction à un événement d’actualité, sur tous les sujets de société, économique et politique.
Réactions : des posts en réaction à des articles parus dans la presse, soit pour les déconstruire, soit pour en donner une autre perspective, soit pour les compléter.
Revues de presse : des articles moins articulés, sous forme de listes, des événements de la semaine marquants, essentiellement dans les domaines économique et politique.

radisradisY’a tout un tas de remerciements à faire à ce stade. D’abord, merci à vous qui lisez ce que j’écris, qui m’en parlez quand on se voit, qui réagissez en ligne ou hors ligne pour dire vos accords, vos désaccords. J’en profite aussi pour remercier Inês Monteiro pour le logo (qui claque). Merci enfin à ceux qui vont rejoindre le blog et, j’espère, en devenir lecteurs.

À très vite pour la prochaine #4 revue de presse.

Emmanuel

 

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Pensées en passant

La visibilité d’un crime…

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Voleur planqué dans la fournaise

…est plus importante que sa (dé)mesure. On ne vous reprochera jamais un crime dont on ne sait pas que vous l’avez commis. C’est la raison pour laquelle n’importe quel pouvoir, politique et/ou économique, cherchera à maîtriser les médias : avoir le contrôle sur ce qui est visible ou non garantit de conserver l’assentiment de son peuple et d’exhorter à la détestation d’un autre.

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Revues de presse

#3 Revue de presse

press

Dinner for visiting members of the governing board of the international league of press clubs [held by] NEW YORK PRESS [at] « HOTEL MARLBOROUGH, NEW YORK » (HOTEL)

Et la semaine dernière, il s’est passé quoi ? Vu le nombre d’infos, je fais cette revue de presse un peu plus tôt (et vive les trains!).

Une fois n’est pas coutume, on commence par les « divers »
– Parce que, quand même, sont sortis les « Paradise papers ». Bono, le sponsor d’Anderlecht, Bernard Arnault, l’État belge, Apple, Nike… C’est l’arche de Noé, quoi. Bon, on va être honnête, ça n’étonne plus personne. Comme je le disais la semaine passée avec les résultats virevoltants d’HSBC, c’est que finalement tout le monde s’en fout, si pas tout de suite, au moins plus tard ! Même Me Michel Claise rappelait cette semaine combien aucun effort n’est mis dans la lutte contre la fraude fiscale. Mon souhait n’est pas tellement la mise en lumière d’une fraude, ici ou là, d’un cas limite « légal mais peu éthique ». Mon souhait, et j’insiste là-dessus, c’est qu’on prenne bien conscience de ce qui pousse ces gens-là à mettre leur pognon à l’abri. Et c’est moins la cupidité que l’absolue nécessité de faire du profit. Pour sa propre survie. C’est parce qu’il y a nécessité de maximiser les profits qu’il y a de la fraude. Et pas l’inverse.
– Il n’y aura plus de combustibles fossiles dans les investissements dits « durables » de la KBC. Comprenez bien que la véritable info, c’est de se dire que cette banque trouvait jusqu’ici « durable » d’aller (é)puiser des ressources plus que jamais limitées et ultra-polluantes sous nos pattes !
– L’Iphone X est sorti. Le genre d’info (de pub ?) qui ne m’intéresse aucunement. Sauf que. Un article de La Libre avance qu’Apple débourse 319€ pour chaque appareil qu’il vend à 860€. Soit 170% au-dessus du coût de revient. C’est ce qui s’appelle la « plus-value ». C’est ce qui est directement VOLÉ aux travailleurs d’Apple qui se tuent littéralement, par exemple dans les usines de Foxconn. (Et, ne vous emballez pas, c’est pareil pour Samsung et les autres, je ne suis pas raciste).
– Boeing vend 300 avions à la Chine. Voilà qui donne une idée de la relation amour/haine entre les deux pays, sur fond de Petroyuans… Ce genre de dépendance économique explique à elle seule pourquoi l’oncle Sam n’a pas (encore) été y larguer quelques-unes de ses merveilles technologiques par colis radiocommandé.
– Luc Partoune, directeur général de Liège Airport, avait annoncé qu’il voulait réduire son salaire annuel (passant de 424.000€/an à 310.00€/an à peine). Eh bien, finalement, il ne le fera PAS. Ah la bonne blague ! Quel farceur ce Partoune ! (Juste pour info, il sera quand même un jour obligé de le faire, obligation du décret wallon de 2016 mais entre-temps la majorité politique a changé. Oui, parce que, c’est de l’argent public tout ça. Votre argent. Le mien !)
– Le chiffre d’affaires de Bpost croît (croaaa) de 20% ce trimestre. Dans un contexte où l’entreprise avait annoncé le rachat de Radial (ceci expliquant sans doute cela), où en août, elle avait pris des mesures de « réduction des coûts », où elle a annoncé il y a peu la fin de l’universalité de la délivrance du courrier, où on l’accuse (à juste titre) de profiter de sa position dominante, etc.
– Toujours dans la saison des résultats des entreprises, après Bpost et Ryanair la semaine passée, c’est Ahold Delhaize qui annonce une hausse indécente. Indécente dans le contexte de licenciements et de fusion des années passées, bien entendu. C’est peut-être ça le pire : on éprouve quelque difficulté à reprocher à ces entreprises des mesures antisociales qui, de facto, leur fait effectivement faire du profit.
– On annonçait dans la presse la semaine passée une baisse continuelle du taux de chômage. Quelle belle nouvelle ! La même presse qui s’efforçait de passer sous silence une hausse de +8.4% (par rapport à 2016) des bénéficiaires du CPAS. Alors, à votre avis, simple corrélation ou rapport de causalité ?!
– Le gouvernement catalan dans les bras de la NVA. Ça se passe de commentaires. Je rappelle quand même que le principe d’autodétermination des peuples vaut a priori pour les populations menacées, hein, pas les riches qui veulent garder leur pognon pour eux en désactivant les mécanismes de solidarité.
– La place boursière de New-York fait les yeux doux à Aramco (compagnie pétrolière d’Arabie saoudite) pour que celle-ci fasse son entrée en bourse chez eux. Dans un contexte où la Chine s’apprête à échanger son pétrole en Yuans, on comprend l’empressement des USA… Et les droits humains chez les Saoudiens, on en parle ? Non, bien sûr que non.
– Dans un contexte où des migrants fuient la (nos) guerre(s) au Moyen-Orient et où même une tente Décathlon semble être trop de luxe aux yeux de notre Police, sachez que pour d’autres la citoyenneté s’achète comme un pain au chocolat : pour peu que vous ayez suffisamment d’argent, vous pourriez devenir Portugais, Maltais, Espagnol, Letton ou Bulgare. De quoi ils se plaignent ces Syriens, voilà leur solution.

Fusion/acquisition/concurrence/etc.
– Barefoot et CO.Builders fusionnent. Zavez remarqué comme il est maintenant tenu pour acquis qu’une « start-up » a pour seule vocation de « starter » et jamais de grandir toute seule ? Comme il est acquis qu’elle fusionnera, sera rachetée par plus gros et finira, si tout se passe bien, dans le giron d’un des GAFAM ?
– Les travailleurs belges sont les plus « productifs » après les Suisses (ou pourrait traduire par « les mieux exploités », mais ce serait réducteur, n’est-ce pas ?) mais, par contre, le cabinet PwC (le genre de cabinets très sensibles au respect des droits des travailleurs, hum) nous dit que, patatras, malgré cela, les patrons en « tirent » (c’est le terme employé) un mauvais « retour sur investissement ». Pourquoi ? « Trop de charges ». Les « charges », c’est la fameuse participation des entreprises à la solidarité entre tous. Moi, j’appelle ça un « revenu indirect ». Les patrons, on les entend moins râler sur les charges quand leur burn-out les cloue à la maison et que c’est remboursé par tata mutuelle. Y’aurait presque de quoi se fâcher…
– Prise de participation de Softbank – un fond d’investissement – dans Uber, prémisses d’une entrée en bourse pour la firme de ladite économie « collaborative » (lol, comme on disait dans les années 2000…)
– Proofpoint acquiert Cloudmark. Ça ne vous dit sans doute rien mais ça représente un accord à 110 millions de $…
– Broadcom veut acquérir Qualcomm (fournisseur d’Apple, qui est en train d’acheter NXP). Un mariage qui pèse…130 MILLIARDS de $. Vous voyez cette image d’un requin la gueule ouverte s’apprêtant à ingurgiter un gros poisson lui-même, bouche béante, se précipitant sur un plus petit ? Oui ? Voilà, vous y êtes, bienvenue dans notre monde économique.
– Telenet rachète Nextel dans un souci de « soutenir sa croissance ». Élémentaire.

Licenciements collectifs/recrutement/etc.
– Opel sort son plan « choc ». Réduction de « coûts » (n’oubliez pas qu’un travailleur, c’est soit une « ressource » – à exploiter donc, comme dans « ressource humaine »-, soit un « coût » -au mieux à éliminer, au pire à limiter), économie d’échelle (mise en commun de plateformes, donc licenciements aussi). Pas encore d’annonces sur le « combien ». On reste attentif. Mais déjà 400 postes en moins chez Vauxhall. Pour rappel, début juillet, l’UE avait donné son feu vert à l’acquisition d’Opel par PSA (Peugeot-Citroën) qui a déjà repris les activités financières du constructeur allemand la semaine passée. Et comme vous le savez tous maintenant : fusion hier égale licenciements demain…
– Licenciement collectif pour les tapis Balta, peu de temps après leur entrée en bourse. 200 personnes à la trappe. Procédure Renault activée. Comme souvent, les « efforts consentis » par les employés avant l’entrée en bourse n’y ont rien changé. (Sans blague… ?)
– Burger King engage 100 personnes à Liège. Chouette, des emplois qualifiés, qui rendent compte des compétences du travailleur wallon et pas des jobs sous-payés qui rendent bêtes dans des chaînes de fast-food étatsuniens… Wait, what ?!

Pendant ce temps, la Belgique envoie des troupes supplémentaires dans cette belle démocratie créée par l’Otan : l’Afghanistan. Ah, heureusement qu’on y est ! La très objective agence Fitch abaisse la note du Venezuela à « C » et le Nutella a encore plus de sucre.

Bonne nouvelle semaine à tous !

Références image :

Rare Book Division, The New York Public Library. (1891). DINNER FOR VISITING MEMBERS OF THE GOVERNING BOARD OF THE INTERNATIONAL LEAGUE OF PRESS CLUBS [held by] NEW YORK PRESS [at] « HOTEL MARLBOROUGH, NEW YORK » (HOTEL) Retrieved from http://digitalcollections.nypl.org/items/510d47db-21cf-a3d9-e040-e00a18064a99

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Revues de presse

#2 Revue de presse

Et les deux dernières semaines, il s’est passé quoi ?
Are you ready?

Fusions, acquisitions, vente de départements :
Comme vous commencez à le comprendre, je me concentre sur les fusions qui illustrent l’imposture d’une « concurrence libre et non faussée ». En effet, si les organisations fusionnent, elles tendent vers des quasi-monopoles.
– L’État français vend sa participation dans Renault
– PSA (Peugeot Citroën) acquiert les activités financières d’Opel (oui, parce qu’au cas où vous l’ignoriez, sachez que la plupart des grosses entreprises disposent maintenant de leur propre banque ! Pratique ! Je devrais faire pareil pour financer ma vie perso…)
– Airbus rachète une majorité d’actions Bombardier. Y’avait trop de constructeurs d’avion de toute façon… Ou pas ?
– Bics (Proximus) rachète Telesign pour devenir la première plateforme mondiale de ce type – notez bien la fierté qui couve derrière l’adjectif « première » ; vive la concu…heu, non, en fait non.
– Novartis, le groupe pharma suisse, rachète Advanced Accelerator Applications pour « renforcer » sa position dans l’oncologie. C’est au service de la science, rassurez-vous.
– Brussels Airlines reprend les activités de Thomas Cook airlines. Clap de fin, dernier vol. Le mécanisme est le suivant : une organisation diversifie ses activités pour groooooossir, et quand elle est bien grosse, elle revend ses départements pour éliminer la concurrence. Élémentaire.
– Départ du patron de Deutsche Börse pour délit d’initié. Admirez la pratique : le bonhomme négociait une fusion dont il savait qu’elle allait faire bondir l’action de sa société de trading. Juste avant la signature, il achète un paquet d’actions à bas prix et s’attend à une plus-value à faire pâlir d’envie George Soros. Au final, il est pris la main dans le sac. Les montants sont tellement élevés que les tribunaux allemands lui refusent même une transaction financière « à l’amiable ».
– D’Ieteren rachète Maisoning via Belron (Carglass). Ça, c’est le genre de montage de société comme seuls les latinistes peuvent les comprendre. De tels enchâssements, ça s’invente pas. Bref, après les cahiers Moleskine, le distributeur belge de berlines allemandes continue de se « diversifier ». Pour quoi ? Pour grooooooossir. Et ensuite ? Dégrossir ! Supprimer la concurrence, le trop-plein de personnel et continuer de voir son action grimper aux sommets.
– AB Inbev n’a jamais été aussi haut. Le groupe brassicole « belgo-brésilien » – enfin, la dualité s’annule si l’on considère l’origine sociale très homogène des actionnaires – profite des retombées de sa fusion passée avec SabMiller. C’est un monopole de fait. Mais je suis sûr qu’ils le regrettent. Au fond, ils doivent aimer la concurrence, non ? C’est ce qu’ils prêchent pourtant.
– Engie veut vendre sa division « gaz » à Total. Et voilà, là c’est la phase « dégrossir » pour supprimer les « doublons concurrentiels ».
– Lancement d’Orange Bank. Encore un pur exemple de « diversification » sauvage. Ce ne sont même pas de nouveaux petits acteurs qui entrent sur des marchés, mais de gros acteurs d’autres marchés…
– Bpost, une entreprise sans concurrence ? Vous vous dites : il ne va quand même pas critiquer une entreprise d’État ? Eh bien si ! Une entreprise d’État qui joue le jeu capitaliste en s’efforçant de dégager des bénéfices dans un marché libéralisé agit comme n’importe quelle société capitaliste essayant de supprimer la concurrence. C’est pas joli joli.
– Ryanair a annoncé des résultats fringants en dépit des casseroles accrochées à ses avions ces derniers mois. On pourra continuer à me parler « d’image d’entreprise », ça ne vaut rien comme analyse tant qu’on ne considère pas les données chiffrées qui, seules, ont un impact sur la vie des organisations.
– HSBC multiplie par cinq son bénéfice de ce trimestre. Ah, il est loin le scandale SwissLeaks et la fraude fiscale à 180 milliards d’euros ! Quand je vous disais que seuls les résultats comptent. Puis si l’argent n’a pas d’odeur, il a encore moins de mémoire.
– Les USA ont décrété un embargo contre 39 sociétés russes. On me dit que c’est pour des raisons de « démocratie ». Ouf, pas de quoi s’emballer du coup.
– Il y a eu la fameuse directive sur le travail détaché dont j’ai eu l’occasion de faire une analyse plus détaillée dans un post précédent.
– Yamaha va se mettre à l’automobile. Encore un magnifique exemple de « diversification ».
– Amazon doit rembourser 250 millions d’€ au Luxembourg. Mais ils n’en feront rien évidemment parce que le pays ne leur réclamera rien. Comme l’Irlande n’a toujours rien réclamé à Apple. Alors, qui dirige ? La politique ou les grosses entreprises ? Je vous laisse répondre à cette question tout rhétorique.

Au chapitre des licenciements, luttes sociales, etc.
– Le groupe Nordea a annoncé la suppression de 6000 emplois
– 1000 emplois créés à Zaventem et 300 prévus à Liège Airport. Une bonne nouvelle, non ? Alors, demandons-nous de quels emplois il s’agit : qualifiés, non-qualifiés, très qualifiés ? Tadam, roulements de tambour…pas qualifiés du tout m’sieurs dames ! Les emplois « ventre mou » de la classe moyenne vont en s’amenuisant, et ce n’est pas les succès de l’intelligence artificielle qui vont améliorer les choses
– Suite au cataclysme social horrible de Caterpillar, sachez que l’action du constructeur d’engins de chantier se porte à merveille. Elle décolle, une vraie fusée. Sur le dos de qui à votre avis ?

Quelques divers, rapidement…
– AIG, l’assureur, annonce des pertes énormes à cause des ouragans. Bah oui, à force de jouer avec le feu de l’environnement, les grosses entreprises vont commencer à récolter la tempête dont elles ont semé le vent
– Le Bitcoin a battu un nouveau record, passant la barre des 7000$. Sachant qu’il ne valait que quelques cents à sa création. Ah, il est loin le temps de la convertibilité de la monnaie en or ! Ah, il est loin le temps où la monnaie n’était qu’un outil universel rendant possible des transactions qui ne l’auraient pas été avec le simple troc. Combien de geeks milliardaires grâce à ça ?
– En parlant de convertibilité d’une monnaie en or, j’avais analysé l’annonce super importante des prochains contrats de la Chine en Yuans pour les achats/vente de pétrole. Ce qui risque de changer la face du monde.
– Sinon, sachez que la commission européenne souhaite prolonger pour cinq à sept ans l’autorisation du glyphosate cancérigène. Bah oui, la substance était indiquée sans danger par un rapport de l’UE, copié-collé d’une étude des lobbyistes de Monsanto qui avaient eux-mêmes gardés secrets leurs propres conclusions indiquant l’effective dangerosité dudit produit. Quel merdier.

Allez, c’est tout pour aujourd’hui. Je retourne jouer au billard. Pour ceux qui sont arrivés jusqu’ici, il y a toujours ma petite analyse de la future création d’une nouvelle raffinerie de sucre à Seneffe. Si vous avez envie de comprendre la fameuse PAC de l’UE.

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